MAG 6
du COULOIR MUSICAL
de Jean Renoir jr
Jay McShann -
"Vine Street Boogie" :
Mémoires dun
généreux Kansas City Blues Boy.
Jay McShann - "Vine Street
Boogie" - Black Lion Importation & DA
Music
Disparu à lâge de 34 ans, Charlie Parker a 17 ans lorsquil se heurte au magnifique orchestre sous la férule du solide James Columbus (Jay) McShann. Il en sera un des membres actifs de 1937 à 1941 et, tel que lindique si bien lhistoire, épisode fulgurante, McShann dirigea lun des meilleurs big bands de Kansas City, de 1937 à 1943.
Habile pianiste et chef dorchestre exceptionnel, Jay McShann tire son influence Boogie Woogie texane du père spirituel de plusieurs pianistes, laudacieux Earl Hines et du très autoritaire Count Basie. Le présent album représente un filon des années les plus mémorables de ce grand nom du monde du jazz swinguant à flot. Un retour aux années 1940 via un enregistrement en direct du festival de Jazz de Montreux du 3 juillet 1974.
Ce soir là une ambiance particulièrement chaleureuse règne. Un des plus grands noms de lhistoire du Jazz a quitté la scène 40 jours avant ce festival. À travers toute cette ambiance électrisante, on ressent un chagrin à fleur de peau. On dirait que le regretté Duke Ellington enveloppe la place. On assiste à une grande fête pour Duke sans se le dire; mais les yeux parfois remplis deau trahissent cette belle soirée tantôt nostalgique, parfois rocambolesque mais jamais sans émotion. À lère du noir et blanc, cette distraction fut haute en couleur.
Tous semblent d'accord : Ce festival de Montreux fut lun des plus émouvant de toute lhistoire. Oui, on venait de perdre lun des plus grands compositeurs de lépoque. Le génie, encore bien présent de nos jours, est représenté en direct sur ce disque.
La compilation des huit plages tirées de ce festival de Jazz représente le territoire des meilleurs moments de Jay McShann.
Il interprète des pièces pour lesquelles il fut notamment reconnu pour loriginalité de ses arrangements et lefficacité de son jeu adroit et fougueux. Ce compact, sans facelift, nous donne non seulement le feeling du moment mais aussi les inconvénients de la technologie de lépoque en directe de 1974. Des imperfections qui rendent encore plus attrayant le piano et la voie de McShann. On ne peu que se laissé ensorceler par une telle approche.
La sélection, vraisemblablement dans un ordre conscient, nous donne plusieurs impressions. Le début crée une atmosphère préparatoire à un festin joyeux pour nous emmener à la réflexion dEllington "Satin Doll", instants profonds et mélancoliques de lalbum. On a envie de garder le silence et découter les moindres respires, dobserver les moindres mouvements. Puis, on senvole, poursuivant une autre composition de Duke "Im Beginning To See The Light".
Il est à remarquer que les seules pièces qui ne sont pas signées McShann sont justement les deux du grand Ellington. On a droit à la tournure de "Hottie Blues", dont loriginale a été co-signée de son porte-bonheur Charlie Parker.
Le joyau du D.C. "Confessin The Blues", nous étale la vérité toute grande sur les profondes pensées secrète de linterprète, de ses penchants et de ses habilités à faire face à la musique à sa façon bien personnelle. La pièce maîtresse de cette magnifique compilation est sans contredit "Yardbird Waltz" dont linterprétation est dune telle perfection quil serait audacieux la reprendre en direct. Suivit de très prêt de "My Chile", du piano Boogie Woogie en réalité virtuelle provenant dun monde disparu.
Après plusieurs écoutes du compact "Vine Street Boogie", on aimerait se retrouver quelque part dans le temps, en plein coeur de cette double ville que représente Kansas City. Vouloir être issus dorigine un peu Texane de cette belle époque racine féconde et prodigieuse du Boogie Woogie.
Jay McShann - "Vine Street Boogie" - Black Lion Importation & DA Music
| 05-03-2006 | Copyright © 1995-2006 JEAN RENOIR JR - MONTRÉAL, QC |