POSTproductions.TVRON CARTER - "JAZZ, MY ROMANCE"- BLUE NOTE IMPORTATION * CAPITOL *

MAG 6
du COULOIR MUSICAL
de Jean Renoir jr


RON CARTER - "JAZZ, MY ROMANCE" :
L’OMNIPRÉSENCE DE MUSICIENS INVISIBLES.

RON CARTER - "JAZZ, MY ROMANCE"- BLUE NOTE • IMPORTATION * CAPITOL *


Une attention particulière à la sonorité, une harmonie raffinée, une disposition rythmiques étonnante et un feeling admirable. Voilà le travail brut sous clef de janvier 1994 et mise en marché récente de la production « Jazz, My Romance ». Que s’est-il passé entre-temps ? Un modeling et polissage asiatique de 8 plages... ? Peut-être.

Un compact réunissant de vieux routiers expérimentés en accompagnements dans les ligues majeures du blues et du jazz. Loin d’être blasés, ils poussent plus loin la recherche et prennent un malin plaisir à jongler avec la table de multiplication tout entière.

Ferndale, Michigan, 1937, naissait le petit Ronald Levin Carter. Ils sont huit à table pour partager tous les moments avec des parents en or. Tous, sans exception, on en commun, la musique. Entre les rires, les cris et les pleurs, il étudie les pourtours de différents instruments. Dès l’âge de dix ans, il apprivoise fièrement le violoncelle pour ensuite découvrir la basse qui lui sera intermédiaire de prédilection.

Le texan, Mitchell Herbert (Herb) Ellis, tout comme ses confrères, s’amuse très jeune avec les instruments et plus particulièrement à l’harmonica. Ensuite le banjo l’attire puis, la guitare, qu’il se plaît à dire qu’elle l’a adopté. Il est aussi un excellent compositeur. Il n’y a malheureusement aucune de ses compositions sur ce D.C. mais c’est sûrement partie remise.

Le pianiste Kenny Barron, pour sa part, fait ses premières apparitions sur scène dès l’âge de 14 ans en compagnie de son regretté frère Bill. Son association durable avec Ron Carter débute vers 1976. Ses différents voyages autours du monde, accompagnant les grands magnats du jazz, ont sûrement contribué à la naissance de l’étiquette « Collaboration » (1991), voué à sceller plusieurs années de collaboration avec Stan Getz. Ce caméléon originaire de Philadelphie, gardien du True Blue Piano Jazz, contribue de façon originale à l’éclatement d’une situation au moment le plus inattendu.

Cette production est une célébration spéciale rendue possible grâce à des pièces classiques dont l’architecture répond au critère sérieux de Ron et s’adaptent harmonieusement à la philosophie de l’ensemble du groupe.

L’interactivité entre les boys y est omniprésente tout au long de ce superbe D.C. En particulier sur les plages « Blues For D. P. » d’une douceur exquise, « Quiet Times », selon toute vraisemblance, la pièce maîtresse de l’album et « For Toddlers Only » la pièce la plus musclée de cette présentation. Toutes trois de Ron Carter.

On retrouve le célèbre « Summertime » dont la première écoute révèle une légèreté implacable et la seconde dévoile toute la subtilité de l’approche de ses trois perfectionnistes : C’est un « Summertime » conçu pour la route un samedi soir chaud en direction vers une nuit étoilée et en très bonne compagnie.

L’interprétation du colosse « Airgin » nous fait vivre toute la versatilité du compositeur Sonny Rollins et aussi tout son déchirement sans négliger son ivresse et sa sérénité. N’est-ce pas là le but ultime de tout interprète-compositeur ?

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