MAG 6
du COULOIR MUSICAL
de Jean Renoir jr
PAUL BLEY - "TOUCHING"
:
DUNE INTENSITÉ PURE, SPONTANÉE ET
DÉSARMANTE.
PAUL BLEY - "TOUCHING" - BLACK
LION IMPORTATION * DA MUSIC *
Que pourrait-on proposer afin détaler lenchaînement de deux époques; comme deux coureurs le font si bien, lun, au bout de son rouleau, à taper la main de lautre, frais et dispos, pour ainsi continuer une course sans fin. Quoi de plus naturel que dimaginer un père à son fils, transmettre données et fortunes pour un monde meilleur sinon, différent. Doit-on nécessairement porter uniformes, armes et emblèmes afin dêtre reconnus en tant que héros ou y a-t-il un autre modèle vivant à proximité de lautoroute des ténèbres de vrais grands en voie de disparition.
Plusieurs parviendront à demeurer à larrière scène sans toucher une seule fois au rideau qui les séparent dune pulsion vers le monde illusoire de la reconnaissance. Sans se prévaloir de chartes et droits de libertés si bien tissés par certains êtres avides despaces vitaux, les sans abris du triomphe poursuivent une trajectoire tantôt parsemée dembûches, tantôt de renforts et dont lorigine remonte à leur propre manière dêtre. Tel est le cas du Montréalais Paul Bley.
Il nest certes pas rare dobserver de jeunes enfants sintéresser aux instruments de musique. Ce qui fascine et rend scrutateur est sans nul doute des résultats inhabituels voire lobtention dun diplôme du conservatoire McGill à 11 ans. La direction de lorchestre du lycée ou encore lorganisation dun quartette à 13 ans est tout aussi impressionnant. Une feuille de route qui sannonce riche en événement de toutes sortes.Paul Bley, pianiste, compositeur, loyal admirateur dOscar Peterson, se distingue par ses interprétations lumineuses toujours subtilement comblées de remise en question et douverture desprit. Bley a su inscrire une page importante de lhistoire du jazz depuis son album début de 1953. Sa convoitise davant gardiste se confirme dès le début des années 60. Il côtoie alors les Jimmy Giuffre, Gary Peacock, Don Ellis, Sonny Rollins, Cecil Taylor, Archie Shepp sans oublier ses musiciennes intimes, celle qui fut pour un bref moment (de 1957 à 1964) sa conjointe Carla Bley et Annette Peacock avec qui il matérialise le « Synthétiseur Show ». Bley est lun des premiers utilisateurs du synthétiseur.
Létiquette Black Lion a fait dune pierre, deux coups. La présentation de deux compacts dont un voué à Cliff Jackson, pianiste du début du sciècle, toujours très actif au cours des années 1960 et lautre, Paul Bley, dont lascension débute à cette même époque. Tout comme nos deux coureurs, lun débute là où lautre arrive en phase de repos bien mérité. La réédition de huit plages relate un passage doux et amer de Paul Bley au cours dune session studio à Copenhague (novembre 1965) et dune brillante performance de la plage « Blood » à Haarlem, Hollande (novembre 1966) doù on peut détecter lampleur de linteractivité du trio Paul Bley (piano), Mark Levinson (basse) et Barry Altschul (batterie). Kent Carter fut le bassiste de la session studio.
La pièce maîtresse du D.C. « Closer », composition de Carla Bley, est un chef doeuvre du genre; sensuellement dramatique et remplie dun dialogue à la fois tendre, ironique et reflétant linnocence dépourvue dintérêt. La perle du compact, « Touching » dAnnette Peacock est tout à fait tributaire au sillon Paul Bley. Malgré son remarquable itinéraire, Paul Bley naura eu quun seul disciple édifiant ! Keith Jarrett.
PAUL BLEY - "TOUCHING" - BLACK LION IMPORTATION * DA MUSIC *
| 05-03-2006 | Copyright © 1995-2006 JEAN RENOIR JR - MONTRÉAL, QC |