POSTproductions.TVCHARLIE HADEN - Quarter West - "ALWAYS SAY GOODBYE" - GITANES*POLYGRAM / IMPORTATION *

MAG 6
du COULOIR MUSICAL
de Jean Renoir jr


CHARLIE HADEN - Quarter West - « ALWAYS SAY GOODBYE » :
Parce qu’on ne sais jamais.
CHARLIE HADEN - Quarter West - "ALWAYS SAY GOODBYE" - GITANES*POLYGRAM/IMPORTATION *


Quoi penser d’un album qui transpire le climat nébuleux de la Fin des années 40, début 50 ?

Qu’y avait-il de si important à cette époque; à part les épaules calfeutrées des femmes ? Mais voyons mon cher Watson : la romance bordel !... et la fin de la guerre.

Charlie HADEN contrebassiste américain, regénère le « free jazz ». L’écoute de ce disque remet totalement en question la perception qu’on a du jazz et de ses avenues. C’est comme si c’était la première fois. On s’étonne du pouvoir que cette musique a sur le système complexe et émotif de l’humain.

Même pour les plus blasés d’entre nous, ce D.C. rediffuse une onde d’étonnement. C’est un voyage subtil à travers le temps.

Cette magnifique réalisation est inspirée des grandes tragédies et euphories d’après-guerre.

Devant le monstre d’incertitude et d’ambiguïté qui gruge notre planète, « Alsays Say Goodbye » s’avère un souffle frais et réparateur. Un tantinet rebelle, on y cotois l’insondable folie d’Al Capone et de ses « nanas » à l’esprit délavé !

HADEN sait manier le temps et les époques. Il nous fait circuler dans les étroits tunnels des modes culturelles, pour ensuite nous balancer dans un « Freeland » déconcertant et provoquant.

Original et simple, ce compact est un hommage à la mère de Charlie HADEN. Bâtir une réputation, mais surtout la conserver est un processus compliqué et fragile. Son nom demeure un embarcadère vers le pays de l’émotivité contrôlé... vers une fraîche sagesse et maturité. « Oui-Oui » les paradoxes encore et toujours.

De belles découvertes à faire sur ce disque. ¨Ca commence par une intro assez particulière, donnant le ton à l’ensemble du concept, se poursuit avec 13 délicieuses plages, et se termine par un « ending » virtuellement adorable.

Quelques classiques bien sûr, foissonent cet aller-retour aux années 40 et 50. C’est le cas avec « Alone Together » de Jo Stafford (1944) et la pièce « Où es-tu mon amour » (1949) sur laquelle apparaissent le violoniste Stéphane Grappelli et le guitariste Django Reinhardt. L’apparition de Duke Elington et son orchestre, ainsi que Ray Nance au violon à la plage 12, est stupéfiante. Encore plus loin, encore plus romantique, encore plus profond, plus capricieux, plus diabolique, plus, plus, plus... la voie du mistophélique Chet Baker vers 25 ans, « Everything happen to me », est la perle du compact.

Concluons, Ernie Watts, saxo ténor, Alan Broadbent au piano, LaRance Marable à la batterie et Charlie HADEN à la basse ne se contentent pas de jouer pour jouer, ils marquent l’un des plus beau concept du genre, sans y omettre un brin d’humour essentiel, puisque nous sommes toujours en guerre...

CHARLIE HADEN - Quarter West - "ALWAYS SAY GOODBYE" - GITANES*POLYGRAM/IMPORTATION

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