MAG 6
du COULOIR MUSICAL
de Jean Renoir jr
THE OSCAR PETERSON TRIO -
"NIGHT TRAIN" :
VOYAGE DE NUIT À TRAVERS LE TEMPS.
THE OSCAR PETERSON TRIO - "NIGHT TRAIN"
VERVE * POLYGRAM *
Il était une fois, il y a 32 ans, Oscar Peterson, pianiste natif de Montréal, accompagné de Raymond Matthews (Ray.) Brown à la basse et Edmond Leonard (Ed.) Thigpen à la batterie, produirent un microsillon intitulé « Night Train » sous loeil vigilant et loreille avertie de Norman Granz. Une fois de plus, des sillons à jamais immortalisés qui ne cesserons de rejaillir dans le temps.
On peu difficilement ajouter des notes au dossier Peterson. Quoi quil en soit, il est permis de croire en cette légende voulant que lamour à trois soit possible. Bien sûr, lamour de la musique, pour ce quelle est, pour ce quelle représente, dans un espace temps qui ne saurait se reproduire que par la magie de la technologie numérique. Mais tout dabord, approchons-nous de cette belle époque et des gens qui étaient alors branchés.
Elle a 30 ans, lui 22. Ils éprouvent un pour lautre une attirance sans précédent. Une fascination quasi mystique; ils saiment et sépousent. On est en 1948. Elle, Ella Fitzgerald, sous la férule de Granz depuis 1946. Lui, Ray Brown, le contrebassiste des temps modernes du Free Jazz. Un avant-gardiste du swing qui côtoie les grandes stars du Jazz de lépoque. Durant les années 50, il devient vite un membre indispensable pour le trio dOscar Peterson; du moins, durant cette magnifique période trop courte. Son association à Peterson sest terminée en 1966.
Batteur de père en fils, Ed. Thigpen, pour qui, le charme de la discrétion et le contrôle parfait du balais lui doivent sa réputation, sest joint à Oscar Peterson dès 1959. Il prolonge cette aventure jusquen 1965.
Durant cette période, une multitude denregistrements du splendide trio voient le jour, dont ce microsillon de décembre 1962, sous la supervision personnelle du colossal producteur Norman Granz.Une réédition sur compact oblige Verve à utiliser les secrets de cette belle technologie et cure de rajeunissement afin de conserver tout ce « feeling » engendré par une parfaite mise en commun des ressources de trois gars presque ordinaires. Une fois réunis, ce trio atteignait un génial incommensurable.
Le son est impeccable, irréprochable. Un son Hi Fi ultra conventionnel et non-Hyper ! Du simple Hi Fi, si beau et si pur !
À teneur Godspellienne, cette production de 1962 nen est pas moins quune réunion de trois personnages dont lintérêt omniprésent se prévaut dune seule philosophie : Un seul respire, un seul mouvement, un seul regard. Le résultat ne tarde pas. Lune des époques « Trio », joyau intelligible et extrêmement tangible, fut entrautre de 1959 à 1965, cette brillante jonction de Brown et Thigpen à Peterson.
Les différentes retouches aux classiques tel que « Night Train », « Things Aint What They Used To Be » et « I Got It Bad And That Aint Good » a pour conséquence la création dun nouveau standard. Dactualité encore aujourdhui, un jazz classique qui ne séteint pas avec le temps.
La pièce maîtresse de ce D.C. est sans nul doute la seule composition de Peterson apparaissant sous « Hymn To Freedom », ce à quoi Peterson à toujours cru et dans laquelle on reconnaît bien la source dinspiration de son environnement. Suivit de très près des « Georgia On My Mind » et bien sûr « Night Train ». En tout, onze plages dont quatre de souche Ellington.
Ce très volubile Oscar Peterson est un pianiste entier de grand talent, excellent accompagnateur très respecté. Il est également le "chou chou" du producteur magicien Normand Granz, pour qui il voue une très grande loyauté et une immense considération. Bien sûr Oscar Peterson a connu beaucoup de bon moment malgré sa multitude et phénoménale production et son incurable et superficielle indiscrétion. Personne nest parfait. Qui dit mieux ?THE OSCAR PETERSON TRIO - "NIGHT TRAIN" VERVE * POLYGRAM *
| 05-03-2006 | Copyright © 1995-2006 JEAN RENOIR JR - MONTRÉAL, QC |