MAG 6
du COULOIR MUSICAL
de Jean Renoir jr
CHARLIE HADEN - "HAUNTED
HEART" :
UN RETOUR À LESSENCE MÊME DE
LAUTHENTICITÉ.
CHARLIE HADEN - "HAUNTED HEART" - GITANES
IMPORTATION * POLYGRAM*
Une approche à vol doiseau nous fait découvrir une citée lumineuse qui sharmonise à merveille avec le passé; cest aussi la ville dun futur incertain. Lunique et extraordinaire ville de New York nous invite à la découverte de passions secrètes. À lépoque daprès guerre, tapis près dun grammophone, oreille tendue, attentif au moindre son émanant de cette étonnante machine, la révolte était bien loin derrière. En fait, la romance prenait de plus en plus de place. Grâce à ce monde musical à la fois féerique et bien réel, le rêve devient le compagnon des gens seuls.
Cest un peu ce que lon récent à la première écoute du compact « Haunted Heart » du bassiste Charlie Haden et son quartette West. Le pionnier du « Free Jazz » accompagné du saxophoniste ténor Ernie Watts, du pianiste Alan Broadbent et de Larance Marable à la batterie nous transporte tout doucement vers lentrée des grandes stars en une époque dinsouciance parfois légère mais non sans conséquence.
Lhistoire commence tout simplement par une idée concept qui se traduirait par linsertion dimage du passé au subconscient de lauditeur. Cette production ressemble étrangement à une image fidèle de lAmérique des années 50 : pouvoir et séduction tout comme le démontre si bien le film « The Bad And The Beautiful » (1952) avec Kirk Douglas, Lana Turner et plus particulièrement Gloria Grahame.
Ce film aura droit à plusieurs Oscars incluant le meilleur scénario. On a droit à une parcelle de ce film grâce à la reprise de la chanson thème par le quartette; ce qui nest pas sans rappeler lambiance qui régnait dès lors à Hollywood dans les années 40 et 50.
Introduction du quartette puis, le fondue subtil vers un passé encore bien présent. Comme par magie nous voici en plein coeur de février 1947 en studio avec Billie Holiday lors de lenregistrement « unique » de « Deep Song ». Il en sera de même avec les plages maîtresses de lalbum, compte tenu du concept, «Haunted Heart » (décembre 1947) une des rares ballades dArthur Schwartz interprétée par la triste Jo Stafford. « Evry Time We Say Goodbye » (mars 1954) est un hommage tout particulier à Jeri Southern. Cette chaleureuse dame aux multiples talents, dont la carrière fut trop courte, était une amie personnelle de Charlie Haden.
Deux créations du pianiste Alan Broadbent sont incluses et révèlent le côté nostalgique de lauteur : « The Long Goodbye » et « Lady In The Lake » ont spécialement été composées pour cet album.
Des douze plages, la perle du C.D. est sans contredit linterprétation du classique « Moonlight Serenade » du regretté Gleen Miller disparût au-dessus de la Manche dans un petit avion privé un 15 décembre; cétait en 1944 et il navait que 41 ans et pourtant cest comme sil nous parlait à travers cette exécution pilotée par Haden.
New York des années folles dans toute sa splendeur, mirroir dun scénario judicieusement dirigé par Charlie Haden en personne. Enregistré à Sète en France puis mixé à San Francisco, Californie. Cest peut-être ça lhyper-réalisme virtuel.
CHARLIE HADEN - "HAUNTED HEART" - GITANES IMPORTATION * POLYGRAM*
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