POSTproductions.TVSHIRLEY HORN - "LIGHT OUT OF DARKNESS" :(A TRIBUTE TO RAY CHARLES ) UNE CARESSE VENUE D’AILLEURS ET D’UNE RARE PERFECTION. SHIRLEY HORN - "LIGHT OUT OF DARKNESS" - GITANES VERVE * POLYGRAM*

MAG 6
du COULOIR MUSICAL
de Jean Renoir jr


SHIRLEY HORN - "LIGHT OUT OF DARKNESS" :
(A TRIBUTE TO RAY CHARLES )
UNE CARESSE VENUE D’AILLEURS ET D’UNE RARE PERFECTION.

SHIRLEY HORN - "LIGHT OUT OF DARKNESS" - GITANES • VERVE * POLYGRAM*


Elle a mis quinze années « Low profile » avant de se permettre le « Mid Range » du Tabou Jazz-Blues avec un délicieux album de très haut calibre « A Lazy Afternoon » (1978) dore et déjà une pièce précieuse de collection. Depuis les autres micros qui ont tous eu en commun l’amour, voici que Shirley Horn consacre un D.C. en entier à celui dont elle proclame être l’amour de sa vie; du moins l’amour qui a motivé sa carrière. Elle rend hommage à Ray Charles, l’unique.

Non seulement se contente-t-elle de reprendre des titres dont Ray Charles a commis entre 1954 et 1977 mais y ajoute une touche personnelle au piano et à l’orgue. Elle y insère des titres que l’on ne retrouve pas sur compact. Les quatre fameuses pièces dont on ne décèle aucun enregistrement numérique ont en commun ce côté classique du Blues sacré que Ray Charles sait propulser si puissamment de son intérieur. Un bel exemple, la plage titre « Light Out Of Darkness », nous précise la volonté de l’interprète tout au long de sa vie à vouloir donner la totalité de ses réserves et les reprendre au moment opportun.

On se rapproche de la période 1962 avec le fameux « Buy Buy Love » de Ray Charles, très bien rendu par les Everly Brothers à cette même époque. « If You Were Mine » résonne bien l’époque 1970. On s’y retrouve aisément.

Des 15 plages, même si la pièce titre est d’une sobriété lucide et d’un canon imposant, la perle est sans nul doute « Just For A Thrill » (Ray Charles 1959) dont l’interprétation vous met K.O..

Le mémorable « You Don’t Know Me » (R.C. 1962) fait un volte face à l’ensemble de cette compilation et nous présente de façon « Ad Lib » un Jazz-Blues évocateur des amours perdus.

La pièce maîtresse du D.C. « Drown In My Own Tears » (R.C. 1975) met en saillie non seulement l’excellence de l’interprète mais aussi la vibration intérieure et la compréhension du maître incontesté du Jazz-Blues (R&B) d’une époque encore bien présente. Shirley Horn sait rendre originale une oeuvre pourtant déjà empreinte dans nos souvenirs. Elle en grave une seconde version toute aussi originale.

« Georgia In My Mind » n’est pas sans nous rappeler le petit écart de vision de Shirley, quant à la façon si libérale d’improviser un classique. Elle traverse Broadway un soir de pleine lune maquillée jusqu’aux dents, garnie d’une paire d’épaisse lunette noire à faire frémir les petits garnements qui n’ont pas leur place dans les rues, si tard la nuit.

En terminant, il est souhaitable de réécouter « Green » (R.C. 1975), étant l’une des quatre non repris sur compact; une improvisation hyper spontanée qui nous laisse sur notre appétit du genre «
Off Off Broadway ». En résumé, Shirley Horn, grande dame, a su se hisser au sommet où sont juchés les vrais. On regrettera sans doute de ne pas l’avoir connu avant. Cette précieuse production est un concept qui vaut la peine d’être écouté. Shirley Horn en est la maîtresse d’oeuvre et avoue par le fait même son amitié sincère à celui qui l’a influencé le plus profondément. La caresse des vibrations d’un D.C. à perpétuité pour celui qui fut « Sa Source ». "

SHIRLEY HORN - "LIGHT OUT OF DARKNESS" - GITANES • VERVE * POLYGRAM*

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