FRANK MORGAN - " LISTEN TO THE DAWN " - VERVE/ANTILLES * POLYGRAM *

MAG 6
du COULOIR MUSICAL
de Jean Renoir jr


FRANK MORGAN - "LISTEN TO THE DAWN" :
MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS.
FRANK MORGAN - " LISTEN TO THE DAWN " - VERVE/ANTILLES * POLYGRAM *


Qui ne se rappelle pas des « Ink Spots » et de son guitariste... qui eu comme fils un dur à cuire, trop souvent dans les vapes, prénommé Frank. Un Frank Morgan qui aurait pu sans aucun doute succéder dès 1955 à Charlie Parker; mais beaucoup, beaucoup d’eau a passé sous les ponts depuis.

Suite à son tout premier enregistrement sur R.C.A. en 1947, Morgan a sporadiquement réalisé des retours dont quelques uns en force, notamment avec « Lament, Love Story » (1986) et son spectacle sur scène en 1988, à Paris.

Qui n’a pas péché lance la première pierre. Frank Morgan, saxophoniste alto, récidive, et ne risque pas de se retrouver au pénitencier de San Quentin. Ses complices : Le solide Ron Carter à la basse, l’inépuisable autodidacte Kenny Burrell à la guitare et le batteur multidisciplinaire Grady Tate.

Ces quatre adeptes du « mood jazz » nous présente un concept « blues racé » rafraîchissant, sans aucune douleur, amertumes ou regrets. Frank Morgan, bien sûr, c’est une expérience surtout douloureuse et tragique, mais cette nouvelle production semble vouloir s’en détacher. Ce D.C. nous transporte à la campagne tôt le matin, à même la rosée, dans un sous bois près d’un lac argenté présent juste pour être contemplé. La fraîcheur de vivre, comme on a rarement l’occasion de réaliser lorsque l’on est sur écoute « blues », nous surprend au toucher de ce précieux gabarit « Listen To The Dawn ».

Des huit plages du compact, on constate la qualité du « remake » « It Might As Well Be Spring » et la brillante composition du regretté Carl Perkins décédé à 30 ans « Grooveyard ». Outre la plage « I Didn’t Know About You » de Duke Elington, la pièce maîtresse de ce D.C. est sans aucune hésitation « Remembering » de l’astucieux guitariste Kenny Burrell. Sans oublier « When Joanna Loved Me », qui pourrait bien être une commande sur mesure pour évoquer un moment regretté; l’histoire d’une femme médecin abandonnée, qui fut un jour son épouse.

Cette production est sous le signe du détachement de la fascination parkerienne et possède une approche simple à la beauté de l’aube d’un jour nouveau qui se perpétue indéfiniment.

Mais en réalité, que savons nous des forces extérieures qui nous habite. Peut-être que Frank Morgan fut à un moment (prolongé) habité par son plus grand idole Charlie Parker. Peut-on prouver le contraire ?

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