MAG 6
du COULOIR MUSICAL
de Jean Renoir jr
ART FARMER QUINTET - "LIVE
AT SWEET BASIL" :
AVEC CLIFFORD JORDAN.
PURETÉ ET RAFFINEMENT FEUTRÉS AU RENDEZ-VOUS.
ART FARMER QUINTET - " LIVE AT
SWEET BASIL " SWEET BASIL IMPORTATION * EVIDENCE *
Un timbre sonore svelte et arrondit qui perce la nuit, drapé dun velours orange. On peu difficilement imaginer une doublure de ce quintette de Art Farmer pour le bénéfice dune histoire sur la vie du saxophoniste Clifford Jordan, lhomme aux multiples talents, adepte distant, poétique, passionné et secret de Sonny Rollins.
Un des rares enregistrements du regretté Clifford Jordan depuis « Remembering Me-Me » (1976). Effectivement, cette session fut enregistrée exactement un an avant la mort de Jordan. Cette belle réunion, on la doit à lexceptionnel Art Farmer. Son quintette incorporait fièrement Jordan, le cinquième homme du groupe, dont lépoque en fut marquée.
Passer une vie entière à sculpter une manière dêtre et se vouer à une passion, celle du Blues et du Jazz, tel est le cas de Art Farmer. Farmer, un être si discret, tellement réservé, presque méconnu. Art navait que six ans et déjà, la musique est la principale raison de son existence. Le piano, le violon, le tuba et la trompette lintéressent au plus au point. Ses débuts professionnels remontent à lâge de 14 ans, au moment où lui et son frère jumeau Addison partent de Phoenix, Arizona, pour Los Angeles, Californie. Puis, à 19 ans, la ville de New York lattire et sy installe temporairement, juste le temps de découvrir ce quallait être le behop, puis retourne à Los Angeles.Le vrai début, 1949. Il accompagne le poly-instrumentiste Benny Carter, laudacieux compositeur Teddy Edwards, le compositeur et chef dorchestre Gerald Wilson, le saxophoniste révolté Dexter Gordon et le « stupéfiant » Frank Morgan. Il enregistre pour la première fois au sein du quintette de Wardell Gray, dont la fin fut tragique. En 1953, sa participation à la tournée européenne du vibraphoniste Lionel Hampton, lui vaut la confirmation du sideman diplomate quon lui connaît aujourdhui. Un album double qui en dit long sur cette période « Farmers Market -1953/1956 », est devenu un item de collection.
En 1968, le compétent trompettiste et bugliste américain devient pour ainsi dire, européen, vivant et travaillant à Vienne de façon permanente. Bien sûr, il retourne aux États-Unis lors dévénements spéciaux et enregistre abondamment tant pour Contemporary (E.U.) que pour Soul Note (Italie). Serait-ce des raisons dordre pécuniaire qui lui dictera son itinéraire ? Chose certaine, chaque continent est riche en événement de toutes sortes. Cet état de choses encourage certaines tendances à la mode au détriment des modestes profils bas avant-gardistes. Le fait de sexpatrier veut souvent vouloir dire, continuer au lieu dabandonner.
Quelques fragments du passé surgissent de cette belle production. Il sagit en fait dune sélection de sept pièces en direct du fameux café Sweet Basil de New York un certain vendredi soir de mars 1992, comme si on y était. Bien que la pièce Blue Monk vaille à elle seule lachat de ce compact, linterprétation des Elingtons Stray Horn, Yesterdays et Fairy Tale Countryside, nest pas sans nous rappeler certains grands moments de Clifford Jordan à la fois riche et irremplaçable, généreux et vivifiant. Amalgamé à Farmer, le subtil Jordan, donne un résultat tout aussi impressionnant que discret. Le quintette nous présente une vitrine des années 50 créée en plein coeur des années de remise en question de 90.
On ne sait jamais ce que demain sera. Bien vivre le moment présent, nest-ce pas là limportance dune existence sans regrets ?Clifford Jordan 02.09.1931 - 27.03.1993
Art Farmer 21.08.1928 - 04.10.1999 Sinçères salutations à Lynne Mueller et Georg.ART FARMER QUINTET - " LIVE AT SWEET BASIL "-SWEET BASIL IMPORTATION * EVIDENCE*
| 05-03-2006 | Copyright © 1995-2006 JEAN RENOIR JR - MONTRÉAL, QC |