MAG 6
du COULOIR MUSICAL
de Jean Renoir jr
GEORGE WINSTON -
"FOREST" :
LE TOUCHER AU SERVICE DE LIMAGINATION :
UN HÉRITAGE EN VOIE DE DISPARITION !
GEORGE WINSTON - "FOREST"-
DANCING CAT WINDHAM HILL * BMG *
Le Baby Boomer récidive. Il joue du piano et samuse avec les fantômes, bascule en enfance, fabrique des bonshommes de neige qui dansent, nous emmène avec lui au Japon, tombe en amour avec une ballerine, nous transportes au pays des rêves et merveilles dun matin clair obscur dans une forêt magnifique et magique. Tout est possible avec George Winston. Il suffit découter.
George Winston, natif de la région du Montana en 1949, passe le plus clair de son adolescence dans le Mississippi et en Floride à écouter les tubes éclatés dont se sont prévalu la majorité des Soft Baby Boomers : À partir des instrumentistes du temps tel que les Ventures, Floyd Cramer, Booker T and The MGs, King Curtis, Lonnie Mack, The Chantays (Pipeline), B Bumble and the Stringers (Nut Rocker), Kokomo (Asia Minor), Jorgen Ingmann (Apache), The Champs, Junior Walker, Dave "Baby" Cortez, Bill Justis, Duane Eddy, The Tijuana Brass et autre interprète du R&B tel que Ray Charles, Jimmy Reed et Sam Cooke. Il est un inconditionnel de linstrumentalisme et en revêt aujourdhui la cape violet dun Monseigneur en route vers cette lumière bleutée dont les rayons émanent dun lointain territoire inconnu.
Winston a débuté à jouer à Miami en 1967. Ses premiers instruments furent lorgue et le piano électrique. Il est alors inspiré par les traditions blues, rock, R&B et jazz. Cest en 1971, après avoir entendu des enregistrements du regretté légendaire pianiste Thomas Wright "Fats" Waller, quil entreprend le piano pur et simple.
Ses aspirations sont R&B / Blues / Rock, traditionnel contemporain pour plus de la moitié de son répertoire.À cette époque, une infime partie de son mémento consistait en cette musique mélodique et harmonieuse qui, sans contredit, est à lorigine de lexplosion Winston des années 80. Du brut au raffinement des plus sophistiqués pour la période controversée de mi-décennie 90. Un air dallée qui dure et sincruste au beau milieu même du rock musclé, du blues satiné et du jazz essentiel. Winston réalise dune main de maître cette belle aventure vers une forêt interdite au béton.
Ce nouvel album de 16 plages nous en mets plein la vue, en douceur, inspirée des somptueux anges toujours présents à lesprit du vaillant compositeur. Il sait en préserver lindispensable.
Lune des pièces maîtresses, oui, car il y en a plusieurs, est sans contredit la balade de « Gracefull Ghost », composition du pianiste William Bolcom, écrite en 1969 spécialement pour son père, empreinte dune transparence qui vient nous chercher même si on a peine à croire à la communication avec lau-delà. La seconde, « Mon enfant » qui nest pas sans rappeler la remarquable interprétation du guitariste Ralph Towner pour ECM. Bien sûr, la plage titre, « Forbidden Forest » souligne avec candeur les mystères de toutes forêts survivantes aux menaces austères de lhumanité tout entière.
En saillit, bien au contraire de son titre « Cloudy This Morning » nous laisse entrevoir quelques percées de soleil. Sans oublier la magnifique exécution de « Love Song To A Ballerina » de lauteur Mark Isham; on aimerais bien connaître cette ballerine, quel que soit son identité, sa race ou lépoque à laquelle naissait ce penchant.
Un compact rempli damour et démotion. Cest comme un pas en arrière, vers ladolescence. Winston nous joue quelques fragments de son univers juste pour nous assoupir, jusquau prochain recueil. Meilleur, est-ce possible ?GEORGE WINSTON - "FOREST"- DANCING CAT WINDHAM HILL * BMG *
| 05-03-2006 | Copyright © 1994-2006 JEAN RENOIR JR - MONTRÉAL, QC |